Cette fois on terminera l'aventure sous les drapeaux avec une chronique canine et sulfurique du gars Brunot Lochet,
avec le 3615 code kaki n'en veut... la réalité dépasse la fiction, et nous fera peut-être avoir aussi cette pertinente réflexion d'un ex-camarade: "l'armée, c'est comme un cheveu dans la
soupe".
Et n'oubliez pas le mode d'emploi d'un cerveau kaki si un jour, par hasard, vous en recontriez un: le fil noir sur le bouton vert, et le fil rouge sur le bouton bleu (à moins que ce ne soit le
fil noir sur le bouton bleu...).
Y'a t-il un moment où il est trop tard pour s'en sortir?
Y'a t-il un moment où les rêves ne peuvent plus se réaliser?
Y'a t-il un moment où, malgré toute la bonne volonté déployée, le point de non retour a déjà été franchi?
Il y a des moments où, quoique l'on fasse, devant nous il n'y a, plus qu'une... impasse.
L'impasse, un de mes quatre ou cinq films préférés toutes catégories, l'histoire de Carlito Brigante (alias Al Pacino), un ex-caïd du clan portoricain du New-York des années 70 qui, après cinq
années de prison, obtient, grâce au talent de son avocat maître Kleinsfeld (alias Sean Penn), sa libération conditionnelle. Il déclare alors, devant un parterre de magistrats désabusés, sous
forme de véritable profession de foi, sa ferme intention de prendre un nouveau chemin, celui de l'honnêteté.
Avez-vous remarqué que quand on vit son petit train-train, rien de spécial ne se passe dans la vie?
Que c'est souvent quand on {se} bouge, extérieurement, mais d'abord et surtout, intérieurement, que des événements autour de nous commencent à s'accélérer, ou à devenir plus vivants...
Prenez une décision importante, simplement une décision, même sans rien faire de spécial par ailleurs, vous verez que des choses ne manqueront pas d'arriver. Peut-être pas tout de suite,
peut-être pas comme vous le pensez, et peut-être même que certaines qui auraient du se passer ne se passeront pas, bref, vous entrerez dans... la 4ème dimension (non là je blague :-D)
Enfin c'est un peu ce qui arrive à l'ami Carlito, car dès l'instant où il remet les pieds "at home", le passé, l'avenir, le présent, commencent à se mettre en mouvement autour de lui et à le
rattraper vite, très vite. C'est un peu comme une multitude de cycles qu'il devrait boucler afin de pouvoir s'en libérer et dont le dénouement se présente à lui d'une manière où d'une autre car
il a, simplement, pour cela, donné l'impulsion au départ.
L'honneur, l'amitié, la rivalité, et bien sûr l'amour, tout est mis en scène pour un grand règlement de comptes avec soi-même, pendant lequel on retient son souffle comme en apnée sous la mer,
levant les yeux vers le ciel en tentant de s'échapper vers...
Au pays des kakis, comme dans tous les pays, on s'amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils... un peu d'astuce,
d'espièglerie, c'est la vie des kakis...
Ah oui je ne vous ai pas précisé, j'ai passé ma période sous les drapeaux à Mourmelon, petite bourgade de la Marne rendue tristement célèbre par l'affaire Chanal (meurtres d'appelés), qui s'est
(qu'on a?) finalement suicidé suite à la réouverture de son dossier pour de nouveaux chefs d'inculpation des années après sa libération. Fin de la parenthèse.
La vie d'un kaki à barrette n'est pas de tout repos, en effet, il doit avant tout faire face à deux contraintes: gérer le budget, et gérer le temps de travail.
La partie la plus importante de la gestion du budget consiste à "boucler l'enveloppe". Le principe est simple: chaque année le budget "défense" (le plus gros avec l'éducation nationale) se voit
octroyer une enveloppe à répartir selon plusieurs pôles (ce que j'ai entendu...), par exemple l'armement, le carburant, les ressources alimentaires,etc. A la fin de chaque année est recalculé le
budget aloué pour l'année suivante, en fonction des dépenses réelles de l'année précédentes. En clair, s'ils ont tout dépensé ils auront au moins autant, s'ils n'ont pas tout dépensé ils auront
moins. D'où des pratiques (que j'ai connu) plutôt instructives du genre l'abandon de dizaines, voires centaines de chars (qui, pour l'anecdote coûtent plusieurs millions d'euros pièce)
ayant parfois très peu servi, ou la "liquidation dans le caniveau" du carburant en surplus. Et oui l'armée tient à la stabilité de son budget car elle ne voudrait pas que le contribuable soit
pris au dépourvu...
Bon après cette parenthèse un peu acide, revenons à des choses plus sympathiques :-)
Alors, le deuxième centre de la gestion du budget, nettement plus anecdotique il faut l'avouer, concerne "l'appro".
J'étais bien embêté dans les premiers temps car, parfois, certains de mes camarades étaient appelés par des barrettes qui les envoyaient pour un genre de mission secrète, et dont ils étaient
tenus au secret. Impossible donc d'en savoir davantage au début.
Puis un jour ce fut mon tour et j'appris donc par l'expérience qu'il s'agissait de l'appro...visionnement en substances liquides suscitant la gaîté. Une gestion du budget délicate car tenue au
secret, dans la mesure du possible, envers les kakis qui avaient plus de barrettes jaunes.
La deuxième contrainte du kaki moyen concerne donc la gestion du temps de travail (disons plutôt du temps, voyons,...d'occupation). Un exemple valant un discours, en voici un parmi d'autres:
La matin l'habitude était à la distribution des tâches pour la journée. Un matin un monsieur à barrettes me demande d'aller inspecter le klaxon d'un camion qui, apparemment, ne fonctionnait pas.
Très bien sergent (c'est comme ça qu'il s'appelait). Arrivant sur les lieux et essayant, je m'aperçus que le fameux klaxon était en parfait état de fonctionnement. Je revins donc rendre compte au
sergent de ma bonne fortune. Mais il parut bien embêté de cette nouvelle, se gratta la tête et commença à balbutier "Mais tu es sûr qu'il fonctionne bien?". "Tout-à-fait sergent". (l'air encore
plus embêté) "Bon mais va voir quand même". "Voir quoi sergent?". "Vérifie qu'il fonctionne bien!". Ce qui fut fait puis retour au rapport (le rapport c'est quand on vient dire à un kaki en
barrettes qu'on a bien fait ce qu'on avait à faire, ou qu'on a pas fait ce qu'on avait à ne pas faire): "Klaxon en parfait état de fonctionnement sergent". Et, l'air carrément grognon "Oui bon
ben je ne sais pas moi, vérifie quand même". "C'est déjà fait sergent". "Ne discute pas, prend le temps de bien voir". "Oui sergent". A ce moment-là je commençai à acquérir les rudiments de la
gestion du temps de t... euh d'occupation. J'entrepris donc un démontage et un nettoyage interne du klaxon. Etant un as de mécanique en tout genre, une fois finie l'opération nettoyage et
remontage, je m'aperçu, à l'essayage, que le niveau sonore du klaxon ne rentrait même plus dans un décibel taille 38: on entendait plus rien! Retour au rapport: "Sergent, cette fois le klaxon ne
fonctionne plus". Presque soulagé: "Mais qu'est-ce qui s'est passé?". "Comme il fonctionnait parfaitement j'ai pris l'initiative de le nettoyer...". "Ah?...Bon, il faut que tu le répares
maintenant". "Oui sergent".
J'ai passé le reste de la journée, d'abord seul, puis aidé par des camarades, sans résultats. Le lendemain, après rapport devant plusieurs messieurs en barrettes, les plus habiles en mécanique
d'entre eux se sont attelés à la tâche, toute la journée, sans succès. Voyant cela ils ont préféré laisser tomber en me déchargeant, momentanément, de cette responsabilité.
Plusieurs mois plus tard, une lumière s'alluma dans un cortex kaki, et, s'adressant à moi: "au fait, le klaxon défectueux de tel camion, c'est toi qui t'en était occupé? Bon eh bien tu as
intérêt à trouver une solution". J'ai du passer alors plusieurs jours sur le coup (ayant entre temps développé une connaissance plus poussée de la gestion du temps de t.), qui, à nouveau,
restèrent infructueux. L'affaire s'estompa donc, mais s'il vous est donné l'occasion de passer par le détachement du 5è régiment du génie à Mourmelon et qu'un convoi de camion défile en
klaxonnant, sauf un, vous saurez que cette histoire fut bien réelle ;-)
Aller, tant que j'y suis, une plus courte: On avait des gros engins de chantier, les d9, des trucs de 100 tonnes. Un jour qu'il n'y avait rien à faire (comme souvent), le lieutenant, un kaki avec
pas mal de barrettes, un peu mystique (son passe-temps favori était le démontage-remontage de grenades dans son bureau) mais fort sympathique au demeurant, un peu agacé de notre
désoeuvrement, nous commanda d'aller vérifier l'état d'un de ces d9. Les plus habiles d'entre nous s'occupèrent de l'inspection, suite à quoi fut diagnostiqué un léger problème. Rapport rendu, le
"lieut", qui apparemment devait aussi s'ennuyer ferme, profita de la belle journée printanière pour sortir de son bureau, par ailleurs toujours encombré de grenades. Il avait l'air de s'y
connaître en d9. Il monta sur l'engin et commença à l'actionner assez brutalement. Les plus connaisseurs d'entre nous lui indiquèrent de faire attention car il risquait de péter un vérin (ou
quelque chose comme ça) s'il continuait. Ce qui ne manqua pas. Et le lieut de descendre et de nous lancer "eh bien voilà, maintenant vous avez quelque chose à faire!". Puis il rentra car c'était
l'heure de l'appro :-D
Ah la la je les aimes bien mes ch'tites barrettes sans ça je ne me donnerai pas la peine de les chambrer ;-)
"Qu'est-ce que vous savez faire?
- Ben rien, je sors de l'école...
- Et on ne vous apprend rien à l'école?
- Ben non, si vous y aviez été vous le sauriez!"
Coluche avait là plutôt bien résumé les rapports entre la gente militaire et les appelés du contigent.
Ayant pu goûter à ces joies d'une époque révolue, j'avais l'intention de faire un texte un peu acide racontant les déboires d'Olivier et ses "compagnons d'armes", un mélange entre "Voyage au bout
de l'enfer" et "La 7ème compagnie", mais bon, même si nos chers gradés nous en ont fait subir, il faut bien avouer qu'on leur rendait largement la pareille, alors soyons indulgent avec nos chères
barettes jaunes. Restons pour l'instant loin des clichés et parlons plutôt de l'ambiance conviviale et bon enfant du service militaire, des vertus de la discipline... qui, aliée parfois à
l'activité sportive, peut être très formatrice; prenons simplement l'exemple de la course autour d'une section en marche en criant "je suis un satellite, bis,ter,...", poliment alternée par le
chef de section: "je suis quoi?"... "un satellite", bis. Le poumon de la discipline quoi!
Autre vertu, l'apprentissage du ménage, les fameux t.i.g. (travail d'intérêt général): mesdames, si votre compagnon a fait l'armée et prétend être incapable de laver le lino, faire la vaisselle
ou les poussières, sachez qu'il vous cache des choses :-D
Les virées au grand air, dans le style du 3615 qui n'en veut de Bruno Lochet.Très bon pour la santé, ouvrant l'appétit, renforçant la cohésion. Cohésion indispensable quand, par exemple, après
plusieurs heures passées en camion débâché en plein hiver, la vessie passe en zone rouge et que vous vous agenouillez au bord de la petite ridelle pour faire votre affaire et qu'un camarade
vous ceinture par derrière pour ne pas tomber. Stimulant aussi la réflexion quand, dans la même situation, l'option choisie est la bouteille en plastique, minimisant le risque (mais pas les
dommages colatéraux), et pouvant être utilisée pour se réchauffer quelques minutes!
Une autre grande vertu, l'apprentissage de la patience, indispensable à la survie en milieu kaki, où certains parviennent (avec beaucoup d'entraînement quand même) à passer des journées, voire
des semaines, sans activité perceptible. Certains rivaliseraient même avec les grands maîtres zen.
Bon faut pas que j'abuse là, ça bossait dur aussi; par exemple moi j'étais dans le génie (même si on était loin d'en être) et ma section faisait le goudronnage des routes, c'était du gros taf
pendant les chantiers et on voyait que nos chères barettes étaient vraiment du métier.
Bref, je ne vais pas commencer à m'étendre sur mes anecdotes kaki sinon on a pas fini, disons juste que c'était à la fois une grosse galère et une franche partie de rigolade, alors pour
résumer au mieux, juste une photo de moi et mes meilleurs potes de l'époque. Notre groupe s'appelait les "produits noirs" (à cause du goudron), alors these are les mens in black de la "black
product":
(moi c'est le gringalet du centre :-D)
Un tag, mais qu'est-ce donc que cette grosse bête là?
Apparemment juste un jeu gastronomique déposé par un mignon petit ventilateur multicolore.
Bon, trève de bavardages, passons à table.
Voici la règle:
1: Mettre le règlement sur son blog
2: Répondre aux 6 questions
3: Taguer 6 personnes en mettant leur lien
4: Avertir directement sur leur blog les blogueurs(euses) concernés(ées)
Voici les questions et mes réponses:
1- Les aliments que je n'aime pas du tout:
La tarte en pleine poire, la cervelle de moineau
2-Les 3 aliments que je préfère:
L'ail eau lit (qui dort
dîne)
3-Ma recette favorite:
Les salades à toutes les sauces, avec olives dénoyautées
4-Ma boisson de prédilection:
Le bouillon de culture
5-Le plat que je rêve de réaliser:
En sautant du plongeoir à la piscine
6-Mon meilleur souvenir culinaire:
Une
pêche d'enfer
Miam un régal ce petit tag, mais je ne crois quand même pas devenir
gastronome, alors histoire de déroger un peu à la règle je vais juste taguer deux bloguers, ou plutôt deux blogueuse:
Cathya (un parfum de lavande doux)
Josie (un goût de nature vivante)
| Juillet 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||